L'agriculture Biologique

Par | Le 08/09/2013 | Commentaires (0) | Agriculture

Notre première approche avec l’agriculture biologique se situe en 1990 date à laquelle nous participons à un stage de commercialisation en produits biologiques.
A cette période cette production était vraiment marginale bien qu’elle ait déjà démarré bien des années plus tôt dans le département des Deux-Sèvres notamment. Elle était alors revendiquée par des néo-ruraux militants, rêvant de vie à la campagne, de production de qualité et d’environnement préservé.

L'Agriculture biologique

Qu'est ce donc ce label Bio ?

Peu de producteurs

Les producteurs se comptaient sur les doigts de la main et vendaient leurs produits principalement sur les marchés hebdomadaires; la distribution étant réduite à de minuscules « épiceries bios » que l’on trouvait dans les rues pas très commerciales de nos centres villes. Le milieu rural traditionnel accueillait ces nouveaux venus avec une certaine suspicion, voire une certaine hostilité. Mais l’idée était belle, intéressante et nécessaire car l’on commençait à parler des méfaits de la puissante industrie chimique qui remplissait nos assiettes de molécules nocives alors que la majeure partie de l’opinion publique était finalement très peu sensible au problème.

Nos questions

Malgré notre intérêt pour cette démarche nous nous posions beaucoup de questions sur sa mise en œuvre :

  • Qui allait créer les normes et sur quels critères ?
  • Quels étaient les organismes de contrôle ?
  • Pourquoi les producteurs devaient-ils payer pour obtenir leur label ?
  • N’y avait-il pas de conflits d’intérêts au niveau de la rémunération des organismes de contrôle ?
  • Si c’était bon pour l’environnement et pour la santé de tous, comment s’y prendrait-on pour que tout le monde puisse y accéder?

20 ans plus tard

Un petit peu plus de 20 ans plus tard l’agriculture biologique est tout autre.
Les problèmes d’environnement, de réchauffement climatique et les scandales à répétition dans les domaines de l’élevage, de l’agro-alimentaire et de l’industrie pharmaceutique sont passés par là et l’engouement pour les produits biologiques ont fait exploser la demande.

La production intensive

Le néo-rural militant de la première heure est toujours là, rejoint par d’autres, afin de monter de petites exploitations agricoles. Mais le changement est ailleurs : l’agriculture traditionnelle actuellement vacillante qui regardait cette production avec un sourire moqueur, attirée par les belles marges en perspective et l’importance de ce marché qui se développe se lance maintenant dans la production biologique intensive.

Les supermarchés

Le petit producteur est toujours là, sur son marché, mais la petite épicerie bio, elle, s’est transformée en moyenne, voire grande surface présente dans toutes les villes et représentée sous diverses enseignes désormais bien connues dans le domaine du Bio. Sans parler des supers et hypermarchés dont les rayons consacrés aux produits Bios sont de plus en plus conséquents.

Les ingrédients

Les produits bios ont énormément changé, ils sont devenus des produits alimentaires transformés dont l’offre diversifiée est de plus en plus importante, sans parler de l’énorme flot d’emballages plastiques que cela représente car au lieu de se démarquer de la grande distribution, la présentation du nouveau produit (bio) a une fâcheuse tendance à vouloir lui ressembler.
Le label « AB » obéissant à une règlementation européenne donne la possibilité de vendre un produit fini bio avec des ingrédients qui ne le sont pas. Mais pire encore, un règlement, adopté par tous les ministres européens de l’agriculture datant du 1er janvier 2009, autorise la présence d’OGM dans les produits bios jusqu’à 0,9%, sans obligation d’étiquetage.

Alimentation à deux vitesses

La clientèle du bio a bien changé elle aussi : les prix exorbitants non justifiés attirent sur les parkings des supermarchés bios de grosses berlines et des 4x4 qui laissent très peu de places au Combi Volkswagen des débuts : la Bio pour tous du début est devenue en quelques années le symbole d’une société où celui qui a peu doit manger chimique et « pas cher » et il en est de même pour les soins….
Mais nous constatons maintenant l’arrivée d’un phénomène nouveau : certains producteurs refusent d’adhérer aux labels bios car ils les jugent trop laxistes et ne correspondant pas au niveau de qualité qu’ils s’imposent. Ils s’évitent ainsi la charge administrative imposée aux producteurs bios, sans parler du coût demandé par les organismes de contrôle, trop peu nombreux, vu la quantité de nouveaux produits fabriqués chaque jour aussi bien dans l’alimentaire que dans la cosmétique et dont l’efficacité et le besoin restent à prouver. (comptez 800 euros pour 2 heures de contrôle des exploitations… « bidon »).

Privilégions les producteurs locaux

En conséquence, l’alimentation bio est certes meilleure pour la santé, pour l’environnement, pour la biodiversité, pour le mieux vivre, mais restons attentifs à ce que sa qualité se maintienne et que ses prix deviennent accessibles pour tous. Pour ceux qui mettent le coût de la production en avant pour justifier les prix pratiqués, je les renvoie au livre de Masanobu Fukuoka « Révolution d’un seul brin de paille ». Privilégiez vos achats chez les petits producteurs locaux et boycottez ou soyez très attentifs aux produits distribués par les plateformes d’alimentation Biologique.
N’hésitez pas à donner votre avis sur ce sujet.

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