Pourquoi le tourisme alternatif est une solution aux problèmes sociaux et d'environnements ?

Michel Aznar Par Le 03/02/2022

Dans Tourisme

Le tourisme alternatif proposé par le Guide du Flâneur fait partie des réflexions que nous devons avoir sur notre rapport au monde.
Il n’est pas question de ne plus voyager, bien au contraire, mais plutôt d’organiser nos séjours touristiques autrement, de nous inscrire dans une forme de tourisme durable qui n’enlève rien au plaisir que procurent le dépaysement et l’exotisme.

Histoire de la construction socio-économique du tourisme

L'être humain est-il un touriste ?

La place de l’activité touristique dans l’histoire de l’humanité, dans les 300.000 ans qu’homo-Sapiens habite la terre, est particulièrement ténue.
Notre espèce s’est beaucoup déplacée au cours de l'histoire, non pas pour faire du tourisme, mais toujours dans un contexte de changement climatique, d’évènements géologiques ou de difficultés à trouver les ressources vitales.
Ce n’est donc que tout récemment qu’il s’est fait touriste et s’est mis à parcourir la planète pour admirer un paysage, un coucher de soleil ou se baigner dans une piscine...

Le coucher de soleil du tourisme

Thomas Cook au début du tourisme

C’est en 1841 que Thomas Cook propose en Angleterre les premiers voyages organisés. Cette date est donnée pour être le point de départ de l'épopée du tourisme.
Il créa les premiers circuits touristiques en Europe. Mais Thomas Cook est foisonnant d’idées et d’innovations. Il lancera les premières agences de voyage, les premières croisières sur le Nil, puis les chèques-voyages, sans oublier l'Orien Express ; une ligne ferroviaire de luxe reliant Londres à Istanbul.
A cette époque le tourisme s’adressait uniquement à une société fortunée et bourgeoise ; les choses allaient changer !

Le début du tourisme avec l'Orient Express

Les congés payés et le développement du tourisme

C’est en 1936, que quelques-uns qui ne travaillaient pas moins de 60 heures par semaine et six jours sur sept, ont l’idée de descendre dans la rue pour obtenir des congés payés.
Dans un premier temps l’aspiration à faire du tourisme n’est pas là. La majorité mettent leurs congés payés à profit pour s’adonner de leurs loisirs habituels.
Mais dans les années 50 s’organise l’exploitation des congés payés. Plus question de rester à la maison… Il faut partir en vacances !

La nationale 7 - La voie royale du vacancier

C’est par la mythique route nationale 7 que les vacanciers des années 60 se dirigent vers les plages du sud de la France. Chacun équipé de sa voiture, tractant parfois une caravane, le touriste en quête de mer et de bronzage se dirige vers les flots bleus.
La France développe le tourisme balnéaire, elle crée la « mission Racine ». L’état s’oriente en 1965 vers le tourisme de concentration en bétonnant le littoral méditerranéen symbolisé par la station balnéaire de La-Grande-Motte.

Les Clubs Méditerrannée

Impulsé par un certain Trigano, les Clubs Méditerranée (club med pour les intimes) poussent partout dans le monde.
On se déplace en avion pour passer une semaine de vacances au bord d’une piscine installée dans un camp retranché. Totalement coupés des populations et de la vie locale, un GO (gentil organisateur) est chargé de nous faire oublier l’absurdité de la démarche.
Les profits sont colossaux, les entreprises du tourisme cotées en bourse ; on parle maintenant de l’industrie du tourisme.

Les paquebots de croisières

Dans les années 2000 le tourisme de masse atteint, avec les croisières, son apogée.
Des paquebots de croisières, des monstres d’aciers faisant des ronds dans l’eau des mers des Caraïbes ou de la méditerranée, pouvant accueillir cinq, six et maintenant dix milles personnes comme sur l’« Icon of the Sea », proposent des séjours en bateau.
Des aberrations dictées par la course au profits pour un tourisme totalement déconnecté du poétique : l'unique source d’inspiration qui devrait nous amener à la découverte du beau.

Un paquebot de croisières

Les conséquences du tourisme de masse

Impact environnemental

Le nombre de touristes parcourant le monde est passé de 25 millions en 1950 à 1,46 milliards en 2019 et les prévisions font frémir : 1,8 milliards en 2030.
Mais ces chiffres ne sont rien si l’on ne met pas en face les aéroports à construire et le trafic aérien généré, les autoroutes et le parc automobile, les bateaux de croisières et leur impact environnemental, les hôtels et les aménagements touristiques participant à l’artificialisation des sols, la concentration de populations détruisant les écosystèmes.
Et tout ça pour quoi ?

Des centaines de milliers de vols par jour

Le transport aérien est principalement utilisé pour le tourisme et nos voyages de loisirs. Chaque jour ce sont entre 100 et 150 milles avions qui décollent dans le monde.
L’impact de la combustion de ces milliards de tonnes de kérosène qui souillent l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons et la terre qui nous nourrit, est simple à comprendre.
Pour le moment seulement 10 % de la population mondiale emprunte l’avion... mais de manière compulsive !
Que faire ?

Le transport aérien dans le tourisme de masse

Retombées économiques colossales pour les multinationales

En 2019, ce sont 170 milliards d’Euros qui ont été générés par le tourisme en France.
Mais à qui profite cette manne financière ?
Ce sont principalement de grands groupes et des multinationales cotées en bourse qui se partagent l’énorme gâteau de l’activité touristique. Il s’agit des compagnies aériennes, les groupes hôteliers, les voyagistes, les tour opérateurs mondialisés et l’industrie agro-alimentaire.

Les retombees économiques du tourisme de masse

Un monde durable avec le tourisme alternatif

En finir avec le tourisme de concentration !

Pour être alternatif, le tourisme se doit d'être dispersé. Pour un tourisme écologique qui profite à tous, nous partons du principe que monuments, paysages et couchers de soleil sont beaux partout, y compris à proximité de chez soi.
Pour un tourisme social, nous parions qu'il est probable de faire des rencontres exotiques avec des personnes que l’on ne croise jamais et vivant pourtant dans notre région.
Le tourisme dispersé c’est aussi une devise ; Partir près pour aller loin !

La marche, le moyen de locomotion du tourisme alternatif

Pour un véritable tourisme alternatif, la marche devrait s’imposer comme le principal moyen de locomotion. Cette pratique ancestrale nous permettant de nous déplacer est la seule débarrassée de tout impact environnemental.
La marche s’inscrit dans le tourisme alternatif par le lien qu’elle permet avec les éléments qui nous entourent et nous relie facilement à la nature dont nous faisons partie.
Elle a l'avantage de nous débarrasser de l’étiquette de touriste !

Chaussures de marche

Développer les territoires grâce au tourisme alternatif

Avec le tourisme alternatif, les voyageurs vont à la rencontre des populations locales et participent au développement des territoires.
Découvrir la vie des habitants et de leur quotidien, tout en étant dans une démarche solidaire est une des finalité de cette activité touristique alternative.
Apporter des retombées économiques au cœur des territoires, en passant par les entreprises encore présentes dans les villages, participe au maintien de la vie et des activités.

Soutenir les savoir-faire, la production locale et le lien social avec le tourisme alternatif

Pratiquer un tourisme alternatif c’est aller à la rencontre des paysans et les aider à gagner correctement leur vie lorsque leurs productions sont en accord avec l’air, l’eau et la terre. Il s’agit de visiter les artisans perpétuant des savoir-faire afin qu’ils continuent à nous fabriquer les objets du quotidien.
C'est visiter des associations impulsant des initiatives pour organiser le lien social tellement essentiel en privilégiant les activités en prix libres, les collectifs d’artistes et autres démarches de réinsertion.

L'artisanat et les savoir-faire dans le tourisme alternatif

Promouvoir de bonnes adresses avec le tourisme alternatif

Quel plaisir de découvrir lors de nos vacances alternatives de bonnes adresses d’hébergements simples et accueillants ou des restaurants proposant de goûter à une vraie cuisine locale.
Quel bonheur de profiter de ces lieux s'inscrivant dans l'écotourisme organisés par des femmes et des hommes et de leur offrir, en retour, notre soutien pour qu’ils puissent continuer à vivre leur passion pour l’accueil et la convivialité.

Les bonnes adresses du tourisme alternatif

Penser notre façon d’habiter le monde avec le tourisme alternatif

Partir pour un voyage à pieds en itinérance en famille, se nourrir, voir que notre planète est bien vivante, peuplée de plantes et d’animaux, échanger…
Le tourisme alternatif ne serait-il pas juste un prétexte pour faire toute la place au poétique ?
Évidemment que ce tourisme idéalisé ne conviendra pas à tous, .
Faisons, tous ensemble, quelque chose de profondément révolutionnaire ?
Et si nous nous mettions à penser notre façon de vivre et d’habiter le monde ?
Si ce tourisme alternatif ne servait, finalement, qu'a ça ?!

La newletter des Flâneurs

Nous vous invitons à rester au courant de l'actualité du Guide du Flâneur.

Je m'abonne

  • Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !