Les 140 premiers km

Le départ de Toulouse

C’est parti pour une belle flânerie en Occitanie !
C’est sous un ciel gris cendre uniforme typiquement toulousain, que je me retrouve place du Capitole à Toulouse, sac sur le dos, micro ouvert et appareil photo en main, prêt à m’élancer sur les chemins afin de raconter les villages et les territoires de la région… Mais pas seulement.
Après avoir emprunté les rues bordées de petits immeubles en briques donnant la célèbre couleur rose à cette ville, me voilà de suite sur les bords de Garonne, face à l’hôtel Dieu et proche du pont neuf. Je vais longer les magnifiques quais de Tounis, arriver jusqu’à l’île du ramier, passer devant l’hôtel de région (partenaire du Guide du Flâneur). Plus loin je quitterai les rives du fleuve pour zigzaguer dans le quartier Empalot.

Les partenaires

Région Occitanie

Biocoop Tourne-Sol

Rencontres sur le chemin de Flânerie en Occitanie

Wilfrid, maraicher sur le bord du canal du midi à Castelnaudary.

Andéol, marcheur, randonneur, pélerin, baladeur croisé au milieu de nulle part.

Une épicerie indépendante pour laquelle il a fallu marcher 120 km avant de la trouver.

Marche entre Toulouse et Carcassonne

Le GR 653

Sitôt la rocade traversée : changement de décor. Me voilà grimpant sur les coteaux de Pech David par un chemin de terre plutôt pentu proposant un beau point de vue sur les fumées et la circulation autour et au-dessus de l’agglomération.
Je suis sur le GR 653 appelé la voie d’Arles sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle dont la portion menant à Pouvourville est particulièrement bien aménagée pour la remise en forme des toulousains.
Le ciel est de plus en plus menaçant mais j’aime ce paysage vallonné qui m’est offert par de longs chemins parcourant les crêtes. Après la traversée des villages de Pechbusque et Mervila, apparaît maintenant Rebigue où je vais installer le bivouac pour la nuit après 20 km de marche.
Cette première journée, bâté d’un sac à dos pesant dans les 17 kg, amène un léger doute quand à ma capacité à tenir la distance… nous verrons demain.
De très fortes pluies m’obligeront à partir de Rebigue que le surlendemain.

Toulouse

Des initiatives

Le ciel est dégagé, sitôt le bivouac plié, me voilà parti. La chaîne des Pyrénées blanchie par les premières neiges offre un spectacle merveilleux. Au premier plan les fermes en briques semblent posées sur les courbes d’un paysage ondulant sans cesse. Je me dirige vers Montgiscard.
Mais sur le chemin je décide de faire un crochet par Montbrun-Lauragais où la commune a installé un boulanger travaillant avec des farines locales à base de blés de variétés anciennes après avoir construit un four à bois. Mais ce n’est pas tout, la commune a planté 400 arbres fruitiers et a lancé un appel à projet pour les exploiter, elle travaille également à la mise en place d’une épicerie Bio proposant en majorité une production réalisée sur la commune et les alentours et, enfin, elle organise un marché tous les jeudis soirs. Montbrun-Lauragais : une future destination touristique du Guide du Flâneur.

Les Pyrénées

Des villages vides

Arrivé à Montgiscard où, après avoir parcouru environ 35 km, je découvre enfin les premiers petits commerces : un café et un bureau de tabac.
Jusque là les villages sont vides, le cœur est encore habité par des familles du cru, mais les commerces, les artisans et les services ne sont plus, ils sont entourés de lotissements plutôt résidentiels et cernés de centres commerciaux aux enseignes habituelles.
Je traverse les grandes étendues cultivées du Lauragais. A Montgaillard-Lauragais, une belle rencontre avec une apicultrice passionnée par son métier : elle me racontera le baromètre environnemental que sont les abeilles, elle me racontera ses produits divers et délicieux.

Le Lauragais

Le canal du Midi

Je rejoins le canal du midi après Villefranche-Lauragais, à l’écluse de Renneville.
La partie haut-garonnaise du canal est parfaitement aménagée pour les cyclistes mais la proximité de l’autoroute et de la voie ferrée esquinte un peu le charme du canal.
Dans sa partie audoise, le canal est moins aménagé mais il offre une forte impression d’ailleurs : la végétation est dense, la faune bien présente et le chemin nettement moins lisse.
Je longerais ce formidable ouvrage classé au patrimoine mondial de l’UNESCO jusqu’à Villepinte en m’étonnant du peu d’équipement destiné aux nombreuses personnes empruntant le canal, de voir de nombreuses maisons éclusières pratiquement en ruine, du peu de lieu d’accueil, de l’automatisation des écluses et, donc, de la disparition des éclusiers, tellement importants pour la personnalisation des écluses et le lien avec les touristes nombreux. Il manque cruellement de nombreuses choses, il est pourtant souvent cité et il est la fierté de la région, il pourrait être un vecteur économique important pour les territoires qu’il traverse.

Promeneurs sur le canal du midi

Malgré cela le canal du midi reste magnifique et spectaculaire notamment au niveau du seuil de Naurouze où la rigole, venant de la Montagne Noire, alimente en eau le canal dans un site superbe planté de cèdres et de platanes centenaires.
Le canal aura permis de belles rencontres : trois randonneurs venant d’Arles, un ferronnier d’art à Castelnaudary, un maraîcher proposant de ramasser les légumes que vous souhaitez acheter devant vous et sans oublier Yves et André parcourant le chemin de Flânerie en Occitanie avec leurs ânes, mais également des baladeurs sur péniches, des éclusiers sympathiques.

Direction Fanjeaux

Il est temps de quitter le canal pour prendre la direction de Fanjeaux et du Razès. Je ne croiserais personne sur ce chemin. Je suis sur le GR 78 appelé chemin du piémont pyrénéen.
C’est une route goudronnée coupant en deux d’énormes parcelles plantées de tournesols ayant perdu leur belle parure jaune après l’avoir troquée contre une dégaine sombre et dépressive, accablés, la tête tournée vers le sol, ils semblent regarder leurs godasses. Cette route me mène d’abord à Villasavary.
Ensuite les chemins deviennent de vrais chemins : ils sont tantôt faits de terres si ils sont très empruntés, ils sont parfois herbeux et confortables à fouler, ou bien pierreux et mouvants, ils peuvent être gras et boueux, parsemés de flaques, ce sont ces chemins que le randonneur aime parcourir.
La côte menant à Fanjeaux est très inclinée, inclinaison d’autant plus forte que la température est élevée en ce milieu après-midi : 33°
J’irai dormir dans un lieu atypique : l’accueil des pèlerins du monastère de Sainte-Marie-de-Prouilhe.

Villasavary

L’étape de Fanjeaux à Arzens

Un agréable trajet me mène à Montréal qui se repère de très loin grâce à sa collégiale qui domine le village. Après Montréal, la petite route menant à Arzens offre un point de vue immense sur les collines environnantes, sur toute la plaine et sur la Montagne Noire, il paraît difficile de dire où se termine le panorama, on voit loin, une vision qui déclenche des sensations de libertés.
Je dépasse Arzens pour aller bivouaquer dans les vignes et passer une douce nuit de sommeil.
Le sac ne me pèse plus du tout, je l’ai oublié, il fait partie de moi, il est mon allié, il est mon indépendance, ma liberté.

Fanjeaux

Carcassonne

Il me faudra faire 19 km pour rejoindre Carcassonne depuis Arzens. Le soleil levant peint en rouge le ciel lorsque je me lève, le ciel est incertain mais c’est une belle journée qui s’annonce. Cette étape passe par le village d’Alairac où j’ai la bonne surprise de tomber sur une épicerie indépendante : il m’aura fallu parcourir pas moins de 120 km à pieds pour trouver ce genre d’établissement.
Je traverse ensuite le village de Lavalette, j’arrive sur les bords de l’étang de Villalbe où cormorans, canards et aigrettes géantes semblent passer du bon temps.
Carcassonne est maintenant en vue offrant comme premier aperçu une immense zone commerciale, aux couleurs de mauvais goût, les enseignes habituelles que l’on retrouve aux abords de toutes les villes, symbole magnifique de notre consommation compulsive.
Arrivée au centre de la ville, je n’ai pu encore observer le clou de la ville : la cité médiévale.
Après une pause de quelques jours j’aurais le plaisir de repartir sur les chemins en direction du Minervois et du département de l’Hérault.

Lavalette

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Date de dernière mise à jour : 23/10/2020