La ferme de Cazaux

Ah, nous ne sommes pas prêts de l’oublier notre visite chez Pauline et Jean-Michel Fortassin à la ferme des Cazaux !
Il faisait bien beau cet après-midi là pour partir à la rencontre d’un éleveur de brebis perdu sur les estives de la commune de Samuran, en plein cœur de la vallée de la Barousse dans les Hautes-Pyrénées et la petite route qui menait chez lui s’élevait doucement mais sûrement avec une pente de plus en plus raide (19%) et une chaussée pas mal défoncée.

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La ferme  de Cazaux

Une montée... d'adrénaline

Nous sentions bien sûr que notre intrépide camion avait un peu de mal à avancer, même vitesses rétrogradées, mais nous pensions bien qu’il allait y arriver ; lorsque, tout à coup, deux gros nids de poules fort mal venus ont eu raison  de sa  vélocité et qu’il s’est arrêté tout net, crachant et toussant de la vapeur d’eau bouillante, tel un volcan en éruption.

Le dernier kilomètre à pieds

Nous n’étions pas fiers d’avoir ainsi présumé de ses forces et nous nous en voulions beaucoup de n’avoir pas fait les derniers kilomètres à pieds, d’autant que nous n’étions plus très loin et c’est tout penauds, que nous sommes arrivés à la ferme de Cazaux avec nos sacs à dos, mais sans "Julot" (petit nom amical donné à notre camion) qui bloquait de sa masse toute la route et qui avait décidé qu’il n’irait pas plus loin.

Julot out ?

Nous appréhendions le fait  qu’il avait peut-être rendu l’âme et que nous avions perdu notre outil de travail et c’est dans un état complet de déconfiture que Pauline a vu débarquer nos figures.
Jean-Michel étant parti à Saint-Gaudens chercher de l’outillage, nous avons attendu patiemment son retour pour qu’il remorque "Julot" jusqu’à la ferme avec son tracteur ;  libérant ainsi la petite route, pas très passante heureusement, qui ne mène que chez lui et s’arrête là, au milieu des estives.

C'est reparti pour un tour

Le dépannage s’est bien passé et après avoir remis en place le pot d’échappement resté sur la route et abreuvé le radiateur assoiffé, il ne restait plus que la clé de contact à tourner pour savoir si nous allions pouvoir continuer nos virées…et, là, miracle notre « Julot » s’est remis à ronronner comme si de rien n’était.
Nous avions eu plus de peur que de mal et pour fêter çà, Jean-Michel nous a offert à boire et c’est beaucoup plus détendus que nous avons abordé l’entrevue.

Producteur de fromage de brebis

Jean-Michel est quelqu’un de pas commun, qui s’est fait tout seul avec son caractère fort, bien trempé et indépendant.
Il a décidé en 2004 de devenir éleveur de brebis à viande et de porcs noirs de Bigorre et de s’installer sur une ferme en ruine qui appartenait à son père, décédé lorsque Jean-Michel était encore gamin.

Il a alors passé un C.A.P sur deux ans en élevage bovins viande puis a tout d’abord fort bien réhabilité l’ancienne bergerie en maison d’habitation et capté l’eau d’un puits pour la viabiliser.

Tout en haut de la montagne

Tout était à refaire sur cette ancienne propriété située tout en haut de la montagne, au bout d’une route qui s’arrête là, mais une fois que vous y êtes, vous n’avez plus envie d’en repartir car le panorama est magnifique.
Depuis 2004, son projet s’est modifié et Jean-Michel a opté pour un élevage de brebis laitières de Lacaune qui sont aujourd’hui au nombre de 140 et dont la production est échelonnée pour avoir du lait durant toute l’année.

Les petites tommes

Il a ensuite créé une fromagerie et a transformé toute sa production laitière en fromages au lait cru appelés "Les petits Cazaux" qui sont déclinés sous forme de fromages lactiques, de camemberts ou de petites tommes en pâte pressée dont la saveur est extraordinaire.
Il faut dire que le troupeau de brebis pâture sur des prairies naturelles sans engrais ni désherbant, avec juste un peu de fumier et encore nous a-t-il dit quand j’ai le temps de l’épandre et que mon matériel n’est pas en panne.

Un métier où il faut tenir

Car, le gros souci de Jean-Michel reste les pannes du matériel agricole qu’il a choisit d’acheter d’occasion ou de bricoler pour ne pas s’endetter à vie et faire la joie des banquiers et du Crédit agricole.
« Il faut en vouloir et il faut tenir dans cette profession où les journées de travail ne sont jamais assez longues ; il faut tout savoir faire : de la mécanique, des soins vétérinaires, de la paperasserie à n’en plus finir, rien ne nous est épargné et tout semble fait pour nous faire plier, nous, les petits producteurs. Bien sûr que les subventions on préfèrerait s’en passer mais elles nous aident à payer les frais courants et à tenir le coup, mais jusqu’à quand… Heureusement mon fromage est apprécié et se vend bien ».

Concilier vie sociale et travail

Jean-Michel a toujours tout appris sur le tas et continue encore même si cela lui joue parfois des tours ; il ne veut pas agrandir son exploitation ni intensifier son élevage car il sait « qu’il ne peut pas être partout » et qu’il veut aussi avoir une vie familiale et sociale en dehors de son activité.
Pauline et lui ont trois enfants en commun et sont famille d’accueil pour trois autres, c’est dire si ils ont de quoi faire !

Merci Pauline et Jean-Michel

Nous sommes repartis de chez eux à la tombée de la nuit non sans avoir acheté quelques "petits Cazaux" dont on ne saurait trop vous recommander d’en faire tout autant car ils sont EXCELLENTS.
Par contre, évitez d’aller chez eux avec un vieux camping-car comme le nôtre, cela vous évitera quelques déboires.

"Un grand merci Jean-Michel pour ton remorquage et ton courage et pour nous avoir remis sur la bonne voie, on pensera souvent à toi !"

Coordonnées

La ferme de Cazaux
65370 Samuran
Tel.: 05.62.40.93.82
Port.: 06.79.66.76.01

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Date de dernière mise à jour : 13/01/2020